schedule_FILL…D0_opsz48
6
Min

Vivre du trading : ce que personne ne te dit vraiment

Publié le
2026-07-01
Auteur
Mohamed Bdj
Sommaire :
Partagez l'article

Vivre du trading, c'est transformer les marchés financiers en source de revenus principale, de façon régulière et durable. C'est possible. Mais ça ne se fait pas n'importe comment, avec n'importe quel capital, ni n'importe quelle méthode. Pour y arriver vraiment, il faut une stratégie rentable prouvée, une gestion du risque stricte, plusieurs mois de résultats documentés et un cadre solide pour progresser sans brûler les étapes.

La bonne nouvelle : tu n'as pas besoin d'être riche pour commencer. La vraie variable, ce n'est pas le capital de départ. C'est la méthode, la discipline, et l'entourage qui t'empêche de faire les erreurs que font 90 % des débutants seuls face au marché.

Ce que tu vas lire ici, c'est la version cash de la réalité. Pas le discours du broker qui veut t'ouvrir un compte. Juste les chiffres, les vraies conditions, et ce que ça demande concrètement selon où tu en es.

Peut-on vraiment vivre du trading ? La réponse honnête

Oui, on peut vivre du trading. Mais dans les faits, très peu de personnes y arrivent. Selon une étude de l'AMF portant sur les particuliers actifs sur les CFD et le Forex en France, près de 9 clients sur 10 étaient perdants sur une période de 4 ans. Ce chiffre ne concerne pas tous les types de trading ni tous les actifs, mais il donne la mesure réelle du niveau de difficulté.

Le trading n'est pas une loterie. C'est une activité professionnelle qui demande du temps, des compétences, un capital adapté et une psychologie solide. Ceux qui en vivent vraiment ne sont pas chanceux : ils ont construit une méthode, testé des centaines de setups, essuyé des pertes, et tenu bon.

Ce n'est pas un discours pour te décourager. C'est un discours pour que tu évites les erreurs qui font perdre 90 % des gens avant même qu'ils aient eu une chance réelle.

De combien de capital faut-il disposer pour vivre du trading ?

C'est la question que tout le monde se pose en premier. Et c'est normal. Mais avant d'aller dans les chiffres, il faut distinguer deux choses très différentes : le capital nécessaire pour commencer sérieusement, et le capital nécessaire pour vivre entièrement du trading sur son propre compte.

Tu peux commencer avec 500 euros. Apprendre en réel, appliquer une méthode, travailler ta discipline, faire tes premières erreurs sans brûler un gros capital. Ce qui est dangereux, ce n'est pas de commencer petit. C'est de commencer petit en voulant déjà vivre du trading. Les chiffres qui suivent concernent l'objectif de vivre entièrement du trading sur compte propre. Pas le point de départ.

Le calcul simple pour estimer le capital nécessaire

La formule de base est la suivante :

Capital nécessaire = revenu mensuel visé ÷ rendement mensuel net

Mais attention : retirer 100 % de ses gains chaque mois, c'est dangereux. Un trader sérieux laisse une partie des profits sur le compte pour absorber les mauvaises périodes. Le tableau réaliste, c'est celui avec 50 % des gains retirés :

Capital disponible Revenu mensuel à 5 %/mois net (50 % retirés) Revenu mensuel à 10 %/mois net (50 % retirés)
10 000 €250 €500 €
50 000 €1 250 €2 500 €
100 000 €2 500 €5 000 €
200 000 €5 000 €10 000 €

Un rendement mensuel net de 5 % régulier, c'est déjà une très bonne performance. Et 10 % constants sur 12 mois, très peu de traders y arrivent durablement. Plus le rendement visé est élevé, plus le risque pris pour l'atteindre l'est aussi.

Peut-on commencer le trading avec 500 € ? Et avec combien peut-on vraiment en vivre ?

Capital de départ Réalisme pour vivre du trading Ce que ce capital permet vraiment
500 €Pas réaliste pour en vivreApprendre en réel, tester sa méthode, travailler sa discipline sans risquer gros
1 000 €Très peu réalisteTester une stratégie, apprendre à gérer ses émotions avec de l'argent réel
5 000 €Peu réaliste pour remplacer un salaireConstruire de l'expérience et viser des premiers résultats modestes
10 000 €Encore insuffisant pour vivre durablement du tradingViser la régularité, pas encore un revenu complet
50 000 €Possible seulement avec performance prouvée et risque maîtriséComplément de revenu potentiel
100 000 €Plus réaliste, mais pas garantiRevenu partiel ou complet selon la performance
200 000 € et plusCohérent pour vivre du trading sur compte propreRevenu potentiellement stable avec une gestion du risque saine

Pourquoi l'effet de levier ne remplace pas le capital

Le levier donne l'illusion d'un capital plus grand. Il permet d'ouvrir des positions plus importantes avec peu de fonds. Mais il multiplie les pertes exactement au même titre que les gains. Avec 2 000 euros et un levier de 20, tu exposes 40 000 euros. Un mouvement de 2,5 % contre toi, et ton compte est à zéro.

L'AMF encadre strictement le levier pour les particuliers sur les produits dérivés : 30:1 maximum sur les principales paires Forex, 5:1 sur les actions, 2:1 sur les crypto-actifs via CFD. Ces plafonds ne sont pas là pour te freiner : ils sont là parce que sans eux, les particuliers se brûlent encore plus vite.

Avec 2 000 à 5 000 euros, tu peux apprendre à trader en réel. Tu ne peux pas raisonnablement en vivre sans prendre un risque qui dépasse largement ce qu'une gestion saine permet.

Les prop firms permettent-elles de vivre du trading avec moins de capital personnel ?

Les prop firms (sociétés de trading pour compte propre) proposent un modèle différent : tu passes un challenge qui évalue ta performance, et si tu le réussis, elles te confient un capital de 10 000 à 200 000 dollars ou plus. En échange, tu partages une partie de tes profits avec elles, souvent entre 10 et 20 %.

L'avantage : tu peux générer des revenus significatifs sans mettre ton propre capital en jeu. C'est un modèle réel, qui permet à certains traders d'accéder à un capital plus important sans mobiliser leur propre argent. Mais ce n'est pas une voie facile ni garantie pour vivre du trading.

Mais attention aux raccourcis. Les prop firms ne suppriment ni le risque psychologique, ni les contraintes de règles (drawdown maximal, objectifs de performance). Et les revenus issus de ces programmes ne sont pas traités fiscalement comme du trading classique. On y revient dans la section fiscalité.

Ce que "vivre du trading" veut vraiment dire

L'image qu'on vend du trader : ordinateur sur une plage, quelques clics le matin, et des milliers d'euros qui rentrent. C'est une fiction. La réalité, c'est plus souvent plusieurs heures d'analyse quotidienne, des journées à ne rien trader parce que les conditions ne sont pas réunies, et des mois moins bons qui testent le mental.

Vivre du trading, c'est aussi accepter un revenu variable. Il n'y a pas de salaire fixe, pas de treizième mois, pas de protection sociale automatique. Un mois exceptionnel peut être suivi d'un mois difficile. C'est une vie d'entrepreneur, pas de salarié.

Trader indépendant, prop trader ou trader salarié : trois réalités très différentes

Profil Capital requis Risque personnel Revenus potentiels Accessibilité
Trader indépendant (compte propre)Élevé (100 000 € et plus pour en vivre)Total (ton argent)Illimité mais variableAccessible à tous, mais exige résultats prouvés
Prop traderFaible (frais de challenge seulement)Limité (capital de la prop firm)Bon si performance régulièreAccessible, challenge à réussir
Trader salarié (banque, fonds)Aucun (capital de l'employeur)Aucun personnelSalaire fixe + bonus élevésDiplôme exigé, très sélectif

Combien de temps faut-il pour espérer vivre du trading ?

La plupart des traders ne devraient pas envisager de vivre du trading avant d'avoir au moins 6 à 12 mois de résultats positifs documentés en réel, idéalement sur plusieurs conditions de marché différentes : tendance haussière, range, correction brutale.

Voici une timeline réaliste :

0 à 3 mois : comprendre les bases sans chercher à gagner

Tu ne sais pas encore ce que tu ne sais pas. C'est la phase la plus dangereuse. L'objectif à ce stade n'est pas de faire du profit, c'est de comprendre comment les marchés fonctionnent, de choisir un actif sur lequel te concentrer, et de te former sur les bases de l'analyse et de la gestion du risque. Tout ça en démo, ou avec un capital minimal que tu peux te permettre de perdre entièrement.

3 à 12 mois : tester une stratégie et tenir un journal

Tu commences à trader en réel, mais avec une taille de position très réduite. L'objectif principal : tester ta stratégie dans des conditions réelles, pas simulées. Tenir un journal de trading à chaque trade. Analyser tes erreurs, pas seulement tes résultats. À ce stade, perdre de l'argent fait partie du processus si tu en tires des enseignements.

12 à 24 mois : viser la régularité, pas le temps plein

Si ta stratégie montre des résultats positifs constants sur plusieurs mois, tu commences à augmenter progressivement tes positions. Mais tu gardes ta source de revenus principale. Un mois vert ne suffit pas. Il faut de la régularité sur toutes les conditions de marché.

Après 24 mois : envisager une transition seulement si les chiffres tiennent

Si tu as 12 à 18 mois de track record positif documenté, une réserve de sécurité de 6 à 12 mois de dépenses, et un capital suffisant pour générer un revenu sans levier excessif, alors seulement tu peux commencer à réfléchir à une transition. Pas avant.

Pourquoi la majorité des traders particuliers perdent de l'argent

Sur les CFD et le Forex, l'AMF a observé près de 9 clients particuliers perdants sur 10 sur une période de 4 ans. Ce n'est pas une fatalité, mais ce n'est pas un hasard non plus. Les raisons sont toujours les mêmes.

Les biais psychologiques qui détruisent les traders

  • L'overconfidence (excès de confiance) : après quelques trades gagnants, on se croit plus fort que le marché. On augmente les positions, on lâche les règles. Et le marché remet les pendules à l'heure.
  • L'aversion aux pertes : on refuse de couper une position perdante parce qu'on espère qu'elle reviendra. Résultat : une petite perte devient une grosse perte.
  • Le revenge trading : après une perte, on veut "se refaire" immédiatement. On prend un trade non prévu, souvent en surdimensionné. Ça finit rarement bien.
  • Le FOMO (peur de manquer une opportunité) : tu vois un actif exploser et tu entres en retard, au plus haut. Tu achètes la panique des autres, pas une vraie opportunité.

Ces biais ne disparaissent jamais complètement. Les traders qui en vivent ne les ont pas supprimés : ils ont construit des règles strictes pour ne pas les laisser décider à leur place. J'ai détaillé tout ça dans un article complet sur la psychologie du trading si tu veux aller plus loin.

Le piège de l'effet de levier

Un exemple simple : tu as 1 000 euros sur ton compte. Tu utilises un levier de 50. Tu exposes 50 000 euros sur le marché. Le marché bouge de 2 % contre toi : tu perds 1 000 euros, soit l'intégralité de ton compte. Sans levier, cette même perte aurait été de 20 euros.

Le levier amplifie les gains quand ça marche, et efface les comptes quand ça ne marche pas. C'est le premier outil qui détruit les débutants parce qu'il donne l'impression d'une puissance qu'on ne maîtrise pas encore.

La sous-capitalisation : vouloir vivre du trading avec un compte trop petit

C'est probablement la cause la plus répandue et la moins discutée. Tu veux vivre du trading avec 5 000 euros. Pour générer 1 500 euros par mois, il faudrait un rendement de 30 % mensuel. C'est impossible de façon durable sans prendre un risque démesuré. Donc tu surleviérages. Et tu exploses ton compte.

La sous-capitalisation force les mauvaises décisions. Elle crée une pression psychologique qui dégrade la qualité des trades. Elle transforme le trading en jeu d'argent. Le problème n'est pas ta stratégie : c'est que ton capital ne te donne pas le droit à l'erreur qu'un trader professionnel s'accorde.

Trader seul sans méthode claire

Beaucoup de débutants ne perdent pas parce qu'ils sont mauvais. Ils perdent parce qu'ils démarrent seuls, avec des vidéos éparpillées sur YouTube, des stratégies contradictoires et aucun cadre stable. Ils changent de plan à chaque perte, copient des signaux sans comprendre pourquoi, puis augmentent le risque pour rattraper les pertes précédentes.

Le marché ne pardonne pas l'improvisation. Sans méthode définie, sans retour extérieur sur tes erreurs, sans personne pour te recadrer quand l'émotion prend le dessus, tu recommences les mêmes erreurs en boucle. Le problème n'est pas seulement le marché : c'est l'absence de cadre.

Les conditions réelles pour espérer vivre du trading

Pour espérer vivre du trading, il faut généralement réunir 7 conditions :

  • Un capital suffisant pour générer un revenu sans risque disproportionné
  • Une stratégie backtestée avec un edge prouvé sur les données historiques
  • Une gestion du risque stricte (maximum 1 à 2 % du capital par trade)
  • Un journal de trading tenu à chaque position
  • Un track record de résultats positifs sur plusieurs mois en réel
  • Une stabilité émotionnelle travaillée et testée dans les conditions difficiles
  • Une réserve de sécurité distincte du capital de trading (6 à 12 mois de dépenses)

Choisir sa stratégie de trading selon son profil

Stratégie Temps requis Niveau de stress Capital Adapté à un salarié ? Adapté pour vivre du trading ?
ScalpingTrès élevéTrès élevéMoyen à élevéNonPossible mais très exigeant
Day tradingÉlevéÉlevéMoyen à élevéDifficilePossible avec discipline
Swing tradingModéréMoyenMoyenOuiPlus réaliste en phase de transition
Investissement actifFaible à modéréPlus faibleÉlevéOuiRevenu lent, plutôt complément

La gestion du risque, le seul vrai avantage durable

Les stratégies changent. Les marchés évoluent. Les indicateurs qui fonctionnaient hier peuvent ne plus fonctionner demain. La seule chose qui reste constante chez les traders qui durent, c'est la gestion du risque.

La règle de base : ne jamais risquer plus de 1 à 2 % de son capital sur un seul trade. Si tu as 20 000 euros, ton risque maximum par trade est de 200 à 400 euros. Ça peut sembler peu. C'est ce qui fait que tu es encore là après 20 trades perdants consécutifs.

Le stop-loss n'est pas une option. C'est une règle non négociable. Et le ratio risque/rendement doit toujours être en ta faveur : ne prendre un trade que si le gain potentiel vaut au moins deux fois le risque engagé.

J'ai détaillé tout ça dans un article complet sur la gestion des risques en trading : stop-loss, sizing, ratio risque/rendement. À lire avant de mettre un euro en réel.

Le journal de trading et le track record : les preuves avant les promesses

Sans journal de trading, tu ne sais pas ce qui fonctionne vraiment dans ta méthode. Tu navigues à vue. Tu te souviens de tes bons trades et tu oublies les mauvais. C'est humain, et c'est destructeur.

Un journal de trading, c'est une trace écrite de chaque position : actif tradé, point d'entrée, point de sortie, raison du trade, résultat, observation post-trade. Sur 6 mois, ce journal te montre tes vrais résultats, tes vraies erreurs, et si ta stratégie a réellement un edge ou si tu as juste eu de la chance.

Le track record, c'est ce journal devenu preuve. C'est ce qui te permet de savoir si tu es prêt à basculer. Et si tu vises une prop firm, c'est aussi ce qui te donne confiance avant le challenge.

Comment passer progressivement au trading sans mettre sa vie financière en danger

C'est le point que presque personne ne traite vraiment. Tout le monde te dit "il faut du capital, de la discipline, de la formation". Mais comment tu passes concrètement de là où tu es aujourd'hui à une situation où le trading peut devenir ton activité principale ? Voici les étapes :

  1. Garder une source de revenus stable. Ne quitte pas ton travail pour trader. Jamais au début. La pression financière dégrade la qualité des décisions.
  2. Apprendre les bases et choisir un seul marché. Forex, actions, indices, crypto : commence par un seul. La dispersion tue l'apprentissage.
  3. Trader en démo sans objectif de revenu. L'objectif en démo : valider que ta stratégie fonctionne, pas faire du profit virtuel.
  4. Passer sur un petit compte réel. La psychologie change complètement quand l'argent est réel. C'est normal et nécessaire à expérimenter tôt, avec peu.
  5. Tenir un journal de trading dès le premier trade. Sans exception.
  6. Obtenir 6 à 12 mois de régularité en réel. Sur des conditions de marché variées. Pas juste un marché haussier.
  7. Constituer 6 à 12 mois de dépenses de sécurité. Distinct du capital de trading. Intouchable.
  8. Réduire progressivement ton activité principale si les résultats le permettent. Passage à 4 jours, puis 3, puis temps partiel. La transition doit être graduelle, pas un saut dans le vide.

Vivre du trading en France : fiscalité, statut et erreurs à éviter

C'est la section que personne ne lit avant d'en avoir besoin, et que tout le monde regrette de ne pas avoir lue plus tôt. En France, la fiscalité du trading dépend de comment tu trades, sur quel type de compte, et d'où viennent tes revenus.

Trading pour compte propre : quelle fiscalité sur les plus-values ?

Si tu trades sur un compte-titres ordinaire (CTO) des valeurs mobilières dans le cadre de la gestion de ton patrimoine privé, tes plus-values relèvent du régime des cessions mobilières. Le taux applicable est le prélèvement forfaitaire unique (PFU), dont le taux global est de 31,4 % : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Tu peux aussi opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si c'est plus avantageux selon ta situation.

Attention : si l'administration fiscale considère que ton activité est habituelle et caractéristique d'une profession, la qualification peut changer. Mieux vaut anticiper ce point avec un expert-comptable si tes volumes sont significatifs.

Prop firms : pourquoi les revenus relèvent souvent des BNC, pas de la flat tax

C'est l'erreur la plus fréquente et potentiellement la plus coûteuse. Quand tu es payé par une prop firm, tu ne cèdes pas un actif qui t'appartient. Tu rends un service de trading sur le capital de la prop firm. Fiscalement, ces revenus sont généralement assimilés à des revenus d'activité, relevant des bénéfices non commerciaux (BNC) ou des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) selon la situation.

La flat tax à 30 % ou 31,4 % ne s'applique pas automatiquement à ces revenus. Ils sont soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu, et les cotisations sociales s'y ajoutent selon le statut choisi.

Cette section donne des repères généraux. La fiscalité dépend du type d'actifs, de la fréquence des opérations, du pays de résidence et du modèle de revenus. Pour des montants significatifs, valide toujours le cadre avec un expert-comptable ou un fiscaliste spécialisé.

Micro-entreprise, EI réel, EURL ou SASU : quel statut pour trader légalement ?

Statut Plafond CA Charges sociales Avantages Inconvénients
Micro-entreprise (BNC)83 600 € en 2026~22 % du CASimple, rapide à créerPas de déduction des frais réels, plafond limité
EI réelIllimité~40 % du bénéfice (TNS)Déduction des frais réels, gestion soupleComptabilité plus lourde
EURLIllimité~40 % du bénéfice (TNS)Séparation patrimoine, option IS possibleFormalités de création
SASUIllimité~65 % sur le salaire brutStatut assimilé salarié, crédibilitéCharges élevées, plus contraignant

Pour les traders prop firm qui génèrent des revenus réguliers, la micro-entreprise est souvent le premier statut choisi pour sa simplicité. Mais au-delà d'un certain niveau de revenus, passer à une structure plus adaptée devient indispensable pour optimiser la fiscalité et déduire les frais réels (frais de challenge, matériel, abonnements).

Ce que j'aurais aimé comprendre avant de vouloir vivre du trading

Quand j'ai commencé à trader en 2018, j'ai fait les erreurs classiques : manque de cadre, émotions mal gérées, envie d'aller trop vite, mauvaise lecture du risque. Les deux premières années ont été difficiles. Mais elles m'ont appris une chose essentielle : en trading, ce n'est pas seulement la stratégie qui compte. C'est le cadre dans lequel tu progresses.

Tu peux commencer avec un petit capital. Beaucoup de traders démarrent avec quelques centaines d'euros, simplement pour apprendre en réel, tester leur discipline et comprendre leurs réactions face au marché. Le problème, ce n'est pas de commencer petit. C'est de commencer petit en improvisant, sans méthode, sans gestion du risque, et sans personne pour corriger le tir.

Avec un petit capital, tu n'as pas le droit à l'erreur que se permettent les traders mieux dotés. Tu dois savoir pourquoi tu entres en position, combien tu risques, où tu sors si le trade ne fonctionne pas. Sans ça, tu vas changer de stratégie à chaque perte. Tu vas surleviérager pour rattraper. Tu vas croire que le problème vient du marché alors qu'il vient de ta gestion du risque.

C'est pour éviter ça que j'ai construit Station X autour d'un cadre concret : des modules de formation progressifs, une méthode de money management, du mentorat et un groupe actif. Pas pour promettre de vivre du trading en quelques semaines. Mais pour éviter aux débutants de rester seuls face aux mêmes erreurs pendant des mois, en avançant avec des retours d'expérience et des corrections en temps réel.

À mes yeux, la vraie différence entre un trader qui progresse et un trader qui abandonne, ce n'est pas le capital de départ. C'est la capacité à respecter un plan, à gérer ses pertes, à rester régulier, et à être entouré quand l'émotion commence à prendre le dessus.

Si tu veux aller plus loin sur la psychologie, je couvre en détail les différences entre trader amateur et trader pro sur le blog. Et si tu te demandes combien de temps ça prend réellement, cet article sur le temps pour devenir rentable en trading te donnera une feuille de route honnête.

Conclusion : vivre du trading, c'est possible

Vivre du trading, ce n'est pas impossible. Mais ce n'est pas une promesse rapide non plus. La différence se fait rarement sur le capital seul : elle se fait sur la méthode, la discipline, l'entourage et la capacité à éviter les erreurs qui détruisent la majorité des débutants.

Tu peux commencer avec un petit capital. Mais si tu commences avec peu, tu dois être encore plus structuré, pas moins. Moins tu as de marge d'erreur financière, plus tu as besoin d'un cadre solide, d'une méthode claire et de quelqu'un pour corriger le tir avant que les mauvaises habitudes s'installent.

L'étape suivante n'est pas de chercher à gagner plus vite. C'est de construire une méthode, comprendre les erreurs classiques et avancer étape par étape. C'est exactement ce que je développe dans mon article sur comment devenir trader indépendant.

Vivre du trading : les questions fréquentes

Peut-on vivre du trading avec 1 000 euros ?

Non, pas de façon réaliste et durable. Avec 1 000 euros, pour générer 1 500 euros par mois, il faudrait un rendement de 150 % mensuel. C'est impossible sans risque extrême. Ce capital permet d'apprendre à trader en réel avec des petites positions, pas d'en vivre.

Quel capital faut-il pour gagner 2 000 euros par mois en trading ?

Avec un rendement mensuel net de 2 % et en retirant 50 % des gains, il faut environ 200 000 euros de capital. Avec 3 % de rendement mensuel net, environ 133 000 euros. Ces chiffres supposent une stratégie régulièrement rentable sur le long terme, ce qui est déjà une performance significative.

Est-ce que les prop firms permettent de vivre du trading ?

Oui, pour les traders qui réussissent leurs challenges et maintiennent une performance régulière. Le modèle prop firm permet d'accéder à un capital important sans le posséder. Mais les règles de drawdown sont strictes, la pression psychologique est réelle, et la fiscalité en France est spécifique (BNC, pas flat tax).

Faut-il quitter son travail pour vivre du trading ?

Non, pas avant d'avoir au minimum 6 à 12 mois de résultats positifs documentés en réel, une réserve de sécurité de 6 à 12 mois de dépenses, et un capital suffisant pour générer un revenu sans levier excessif. La transition doit être progressive, pas un saut dans le vide.

Les revenus du trading sont-ils imposés à la flat tax ?

Ça dépend. Les plus-values sur valeurs mobilières d'un particulier sont soumises au PFU de 31,4 % (et non 30 %). Les revenus issus d'une prop firm relèvent généralement des BNC ou BIC, soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Consulte un expert-comptable pour ta situation spécifique.

Quelle stratégie est la plus réaliste pour vivre du trading ?

Le swing trading est souvent le plus adapté à la transition, car il ne demande pas d'être devant les écrans toute la journée et est compatible avec une activité professionnelle parallèle. Il permet de construire un track record progressivement sans pression excessive de temps.

Combien de traders vivent réellement du trading en France ?

Il n'existe pas de chiffre officiel. Les traders indépendants rentables sur le long terme représentent une très faible proportion des particuliers actifs sur les marchés. L'AMF estime que près de 9 clients sur 10 sont perdants sur 4 ans sur les CFD et le Forex. Ceux qui en vivent ont généralement plusieurs années d'expérience et une gestion du risque rigoureuse.

Quelle différence entre trader salarié, trader indépendant et prop trader ?

Le trader salarié travaille pour une banque ou un fonds avec leur capital, perçoit un salaire fixe et des bonus, et nécessite un diplôme. Le trader indépendant trade son propre capital avec tous les risques et revenus qui en découlent. Le prop trader passe un challenge et accède au capital d'une prop firm en échange d'un partage des profits.