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Effet Dunning-Kruger : définition, exemples, courbe et limites

Publié le
2026-10-28
Auteur
Mohamed Bdj
Sommaire :
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Tu viens d'enchaîner quelques trades gagnants. Tout te paraît plus simple, les graphiques deviennent lisibles et tu te demandes pourquoi les autres compliquent autant les choses.

C'est souvent à ce moment-là qu'il vaut mieux te poser une question honnête : tu maîtrises vraiment, ou tu ne vois pas encore tout le chemin qu'il te reste à faire ?

L'effet Dunning-Kruger est un biais cognitif décrit en 1999 par les psychologues David Dunning et Justin Kruger : les personnes les moins performantes à certaines tâches tendent à surestimer leurs compétences. Cette surestimation a été expliquée par des difficultés à évaluer ses propres capacités. Son ampleur et ses mécanismes restent débattus.

En résumé

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  • Dans l'étude de 1999, les moins bons se croyaient bien meilleurs qu'ils ne l'étaient : ils faisaient mieux que 12 personnes sur 100, mais pensaient faire mieux que 62.
  • La courbe avec le « mont de la stupidité » n'est pas le graphique de l'étude originale.
  • Les recherches de 2020 à 2025 retrouvent parfois l'effet, parfois non, et sa taille fait débat.
  • Quelques gains en trading ne prouvent pas une compétence : le contexte et la chance comptent.
  • Pour vérifier ton niveau, il te faut des preuves extérieures à ton ressenti : un journal, des données, un regard critique.

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C'est quoi l'effet Dunning-Kruger ?

L'effet Dunning-Kruger est souvent confondu avec la surconfiance, mais les deux notions ne sont pas synonymes. La surconfiance est un phénomène plus large. Dunning-Kruger s'intéresse à la façon dont les personnes les moins performantes évaluent leurs propres capacités.

L'explication proposée repose sur une idée simple : pour juger si tu fais bien quelque chose, il faut déjà savoir à quoi ressemble un travail bien fait. Un débutant n'a pas encore cette grille de lecture. Il ne voit donc pas toujours l'écart entre son niveau et celui des personnes qui maîtrisent.

Le biais se mesure domaine par domaine. Tu peux être solide en droit, en cuisine ou en programmation et te tromper sur ton niveau en trading.

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Pourquoi on ne voit pas toujours ses propres lacunes

Les chercheurs avancent une explication : la métacognition, c'est-à-dire la capacité à évaluer ta propre façon de réfléchir et ton niveau réel. Les compétences qui servent à bien faire une tâche sont souvent les mêmes que celles qui servent à repérer tes erreurs. Si elles te manquent, tu peux rater les deux.

Imagine que tu doives noter ta propre copie sans jamais avoir vu le corrigé. Tu peux être très sûr de toi et totalement à côté.

Schéma de deux cercles qui se chevauchent : savoir faire la tâche et savoir repérer ses erreurs. La zone commune représente les mêmes repères. Sans eux, on peut se tromper sans s'en rendre compte.
Hypothèse de Kruger et Dunning : les repères qui servent à bien faire une tâche servent aussi à repérer ses erreurs. Hypothèse encore débattue.

Une anecdote célèbre a inspiré les chercheurs. En 1995, McArthur Wheeler a braqué des banques à visage découvert, après s'être frotté le visage au jus de citron. Il pensait que cela le rendrait invisible aux caméras. Cette histoire ne prouve rien à elle seule. Charles Darwin écrivait déjà en 1871, dans The Descent of Man, que l'ignorance engendre plus souvent la confiance que la connaissance.

L'explication par la métacognition est une piste sérieuse, pas une cause démontrée une fois pour toutes. On y revient plus bas, dans la partie sur les études.

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Dunning-Kruger, surconfiance, ultracrépidarianisme et syndrome de l'imposteur : les différences

Plusieurs notions se ressemblent. Voici comment distinguer ces quatre notions.

NotionDe quoi il s'agitDifférence avec l'effet Dunning-KrugerVerdict
Effet Dunning-KrugerÉcart entre compétence réelle et compétence estimée, étudié surtout chez les personnes les moins performantesIl porte sur l'évaluation de sa propre compétence dans un domaineUn phénomène mesuré en laboratoire, dont l'ampleur est débattue
SurconfianceFaire plus confiance à ses jugements qu'ils ne le méritent, à n'importe quel niveauPlus large : elle touche aussi les expertsLe terme général. Son impact sur tes décisions est détaillé dans l'article sur l'excès de confiance en trading
UltracrépidarianismeDonner son avis avec aplomb sur un sujet qu'on ne maîtrise pasC'est un comportement visible, pas une erreur d'auto-évaluationPeut accompagner le biais, sans lui être identique
Syndrome de l'imposteurDouter de sa légitimité malgré des preuves de compétenceC'est un sentiment, pas un écart mesuré entre niveau réel et niveau estiméPas le miroir exact de Dunning-Kruger. Voir le syndrome de l'imposteur en trading

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Ces phénomènes peuvent se croiser, mais ils ne désignent pas la même chose. Pour voir comment les erreurs de jugement influencent tes décisions, lis aussi l'article sur les biais cognitifs qui sabotent tes trades.

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Exemples de l'effet Dunning-Kruger

L'effet Dunning-Kruger peut se traduire par une surestimation de ses capacités, particulièrement chez les personnes qui obtiennent les plus faibles résultats à certaines tâches. Voici des situations fictives pour comprendre ce décalage.

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En trading : quand quelques gains donnent une fausse impression de compétence

Prends un exemple fictif. Tu débutes en trading. Pendant une phase de hausse générale des marchés, tu enchaînes quatre trades gagnants. Tu en conclus que ta méthode fonctionne et tu augmentes ta taille de position.

Rien ne prouve pourtant que tu as un avantage durable. Tu as peut-être profité du contexte. Tu as peut-être eu de la chance. Quatre résultats ne permettent pas de trancher.

Schéma : quatre trades gagnants d'affilée mènent à trois explications possibles, une vraie compétence, un marché en hausse ou de la chance. Quatre résultats ne permettent pas de trancher.
Exemple fictif : quatre trades gagnants d'affilée peuvent venir d'une compétence, d'un marché porteur ou de la chance.

Le problème vient du retour d'information. En trading, une mauvaise décision peut finir en gain, et une bonne décision en perte. Le résultat d'un trade ne te dit donc pas, à lui seul, si ta décision était bonne.

La bonne question n'est pas : « Ai-je gagné ? ». C'est : « Quelles preuves montrent que ma méthode fonctionne, au-delà de ces quelques résultats ? ». La même euphorie après une série de gains est décrite dans l'article sur l'excès de confiance en trading, et dans les 10 erreurs de trading qui en découlent.

Ce scénario reste une hypothèse illustrative, pas un diagnostic. Une étude sur les connaissances financières (Gignac, 2022, voir le tableau plus bas) n'a pas observé l'effet attendu. Et la surconfiance d'un trader ne suffit pas à démontrer un effet Dunning-Kruger : il faudrait comparer ses compétences réelles à la façon dont il les évalue.

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Au travail et dans les études

Ce type de décalage peut aussi apparaître au travail ou pendant les études. Voici deux exemples fictifs.

Imagine un nouveau collègue persuadé de maîtriser un processus après deux semaines, alors qu'il n'en connaît pas encore toutes les contraintes. Son assurance ne suffit pas à établir son niveau réel : il peut même avoir raison. Imagine aussi un étudiant qui relit son cours une fois et se sent prêt. Seul un test, ou l'examen, mesure l'écart entre son impression et son niveau.

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L'étude de Dunning et Kruger de 1999 : méthode et résultats

L'étude originale de 1999 a été publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology. Elle regroupe quatre expériences.

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Comment les chercheurs ont mesuré la surestimation

Les participants passaient des tests d'humour, de grammaire ou de logique. Ils devaient ensuite estimer leur niveau par rapport aux autres et leur score. Les chercheurs comparaient ce niveau estimé au niveau réel, en séparant les participants en quatre groupes de même taille, du plus faible au plus fort. Deux groupes comptent surtout : les plus faibles et les meilleurs.

Dans l'étude 4, 140 participants ont passé un test de logique. La moitié, tirée au sort, a reçu un court entraînement au raisonnement logique, l'autre moitié une tâche sans rapport. Parmi les moins bons, ceux qui s'étaient entraînés ont ensuite jugé leur niveau plus justement. Les autres ont continué à se surestimer. Cette expérience soutient l'hypothèse métacognitive. Elle ne montre pas que tout apprentissage améliore l'auto-évaluation.

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Les chiffres clés : devant 12 personnes sur 100 en réalité, devant 62 selon eux

Imagine 100 personnes qui passent le même test. Dans l'étude, les plus faibles faisaient mieux que 12 personnes seulement : ils étaient tout en bas du groupe. Pourtant, ils pensaient faire mieux que 62 personnes, donc se situer au-dessus du milieu. Attention, ce ne sont pas des notes sur 100 : ce sont des positions par rapport aux autres, où un chiffre élevé veut dire un meilleur niveau.

Quatre rangées de 25 points représentent 100 personnes rangées du moins bon au meilleur. Les 12 premiers points sont foncés : les personnes que les plus faibles dépassaient vraiment. Les 50 points suivants sont verts : celles qu'ils pensaient dépasser en plus, jusqu'à 62 en tout. Les autres points sont gris clair.
100 personnes passent le même test. Les plus faibles faisaient mieux que 12 personnes sur 100, mais pensaient faire mieux que 62, d'après Kruger et Dunning (1999), étude 2.

Le tableau suivant détaille les quatre études, pour le groupe des plus faibles. Les valeurs estimées sont celles de la capacité perçue, à partir des données publiées.

ÉtudeDomaine testéParticipantsIls faisaient mieux que… (sur 100)Ils pensaient faire mieux que… (sur 100)Verdict
Étude 1Humour6512 personnes58 personnesÉcart net dès la première expérience
Étude 2Logique4512 personnes68 personnesMême ordre d'écart en logique
Étude 3Grammaire8410 personnes67 personnesL'écart le plus large du tableau, en grammaire
Étude 4Logique14013 personnes55 personnesÉcart plus faible, mesuré avant l'entraînement des participants

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Les chiffres varient selon l'étude et la question posée, mais le sens reste le même : les plus faibles se jugent bien meilleurs qu'ils ne sont. Le 62 du résumé est une valeur de synthèse, pas un chiffre identique dans chaque étude.

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L'effet inverse : pourquoi les plus compétents se sous-estiment

Les meilleurs avaient tendance à se juger un peu en dessous de leur vrai niveau, mais plus légèrement. Une explication proposée : une tâche qu'ils trouvent facile leur semble facile pour tout le monde.

Attention à ne pas tout mélanger. Se sous-estimer légèrement dans une expérience ne veut pas dire souffrir d'un sentiment d'imposture. Si tu doutes de ta place malgré tes résultats, c'est un autre sujet, résumé dans le tableau des notions plus haut.

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Courbe de Dunning-Kruger : graphique original de 1999 contre version populaire

Quand on cherche « courbe de Dunning-Kruger », on tombe presque toujours sur le même dessin : une montagne, une vallée, puis un plateau. Ce dessin ne vient pas de l'étude de 1999.

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Le graphique original de 1999 : performance réelle et performance estimée

Le vrai graphique compare des groupes de personnes à un instant donné. En bas, les groupes de niveau réel, du plus faible au plus fort. En hauteur, le niveau réel et le niveau estimé, sur 100 (plus c'est haut, meilleur c'est). Le niveau réel monte régulièrement. Le niveau estimé monte beaucoup moins : il reste au-dessus de la réalité pour les plus faibles et passe sous la réalité pour les meilleurs.

Graphique en barres, d'après l'étude 2 de Kruger et Dunning (1999). Les plus faibles font en réalité mieux que 12 personnes sur 100 mais pensent faire mieux que 62. Les meilleurs font mieux que 86 personnes sur 100 mais pensent faire mieux que 68. Le milieu est à 50.
Niveau réel et niveau estimé au test, aux deux extrémités du groupe, d'après Kruger et Dunning (1999), étude 2. Le graphique montre des groupes de personnes à un instant donné, pas l'évolution d'une personne.

Ce tableau met les deux représentations côte à côte.

CritèreGraphique original (1999)Courbe populaire (internet)
Éléments comparésNiveau réel et niveau estimé, par groupe de performanceConfiance et compétence au fil de l'apprentissage
Qui est observéPlusieurs personnes à un même momentLe parcours supposé d'une personne dans le temps
BaseRésultats de tests publiésIllustration pédagogique, sans mesure
VerdictSource à citerImage utile pour expliquer, à ne pas présenter comme un résultat

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Les 4 phases de la courbe populaire : une illustration, pas une preuve

Courbe illustrant le parcours supposé d'un débutant : la confiance monte vite jusqu'à un pic (phase 1), chute dans une vallée du doute (phase 2), remonte sur la pente de l'apprentissage (phase 3), puis se stabilise sur un plateau de compétence (phase 4). Illustration sans valeurs chiffrées.
Illustration pédagogique du parcours d'un débutant. Elle ne représente pas un résultat de l'étude de 1999.

Cette courbe populaire illustre un parcours d'apprentissage possible. Les quatre phases et les niveaux associés ne correspondent pas à une classification issue des travaux de Dunning et Kruger, ni à une chronologie démontrée.

PhaseRessentiNiveau supposé dans l'illustrationLe piège
1. Le pic de confiance (« mont de la stupidité »)« J'ai compris comment ça marche »FaiblePrendre des risques que ton niveau ne justifie pas encore
2. La vallée du doute« Je ne sais finalement pas grand-chose »En progressionAbandonner au moment où l'apprentissage devient réel
3. La pente de l'apprentissage« Je progresse, mais il reste des zones d'ombre »BonConfondre aisance et maîtrise complète
4. Le plateau de la compétence« Je connais mes forces et mes limites »ÉlevéArrêter de te remettre en question

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L'effet Dunning-Kruger est-il scientifiquement prouvé ?

L'effet Dunning-Kruger n'est ni une loi universelle ni un mythe complet. Plusieurs études retrouvent une surestimation chez les moins performants. D'autres montrent qu'une grande partie du motif observé peut venir de la statistique, et l'ampleur mesurée est parfois très faible. La réponse honnête : un effet observé dans certaines conditions, dont la taille et l'explication restent débattues.

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Pourquoi certains chercheurs contestent l'effet

Deux mécanismes statistiques peuvent reproduire le même graphique, sans que les plus faibles aient un vrai problème pour juger leur niveau.

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  • La régression vers la moyenne : ton ressenti et ton score réel ne sont jamais parfaitement liés. Les plus faibles semblent donc se surestimer et les meilleurs se sous-estimer, même sans biais particulier.
  • L'effet de supériorité illusoire : dans certains domaines, les gens ont tendance à s'évaluer au-dessus de la moyenne.

Combinés, ces deux mécanismes peuvent contribuer à produire le graphique classique, sans impliquer nécessairement un déficit métacognitif particulier. Gignac et Zajenkowski (2020) l'ont montré par simulation. Sur 929 adultes, leurs tests plus stricts ne retrouvaient pas l'effet attendu pour l'intelligence auto-évaluée. Ils concluent que l'effet est en grande partie un artefact statistique, sans affirmer qu'il n'existe pas du tout.

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Les recherches de 2020 à 2025 : un effet retrouvé, d'ampleur discutée

Depuis, d'autres équipes ont testé l'effet sur de grands échantillons, y compris en finance. Le tableau résume leurs résultats. Les verdicts reprennent les conclusions des auteurs, pas un consensus scientifique.

ÉtudeÉchantillonRésultatVerdict
Gignac et Zajenkowski, 2020929 adultesPas de signe net de l'effet avec des tests plus stricts ; le même graphique apparaît aussi dans une simulationEffet non retrouvé avec cette méthode
Jansen, Rafferty et Griffiths, 2021Environ 4 000 personnes par étude, deux étudesLes moins performants sont moins sensibles aux indices montrant si leurs propres réponses sont justes, en grammaire et en logiqueFavorable, sur des tâches précises
Gignac, 2022, connaissances financièresConnaissances financières objectives et auto-évaluéesL'auteur n'observe pas l'effet attendu (titre de l'étude : « Failure to observe the Dunning-Kruger effect »)Effet non retrouvé sur les connaissances financières, sans conclusion directe sur le trading
Dunkel, Nedelec et van der Linden, 202313 977 adultesEffet mesurable mais très faible : il n'explique qu'environ 1 % de différences supplémentaires dans les résultatsEffet détecté, portée limitée
Gignac, 2024Environ 3 500 personnes par échantillon, deux échantillonsSurestimation maximale de 7 à 9 points sur 100, chez environ 0,2 % des participantsSelon l'auteur, influence négligeable sur un segment limité de la population
Adamecz-Völgyi, Ilieva et Shure, 2025Cohorte de naissance britannique, 18 tests cognitifs, mesures compositesMotif Dunning-Kruger retrouvé. Le biais d'auto-évaluation varie selon le genre (les hommes surestiment, les femmes sous-estiment), mais pas le motif lui-mêmeFavorable, pas définitif

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Les résultats observés. Une surestimation des moins performants apparaît dans plusieurs jeux de données, mais sa taille varie beaucoup selon la méthode, et une étude sur les connaissances financières ne la retrouve pas.

L'explication proposée. Un manque de repères pour juger ses propres réponses (la métacognition) reste l'hypothèse la plus citée.

Les limites de ces résultats. Elles ne disent pas que « 1 % des gens » sont concernés. Le chiffre de 1 % mesure la part des différences de résultats que l'effet permet d'expliquer, pas une proportion de personnes. Elles ne permettent pas non plus de savoir si un trader précis surestime son niveau, ni de conclure sur le trading.

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Comment savoir si tu surestimes tes compétences ? 5 situations à vérifier

L'effet Dunning-Kruger n'est pas un diagnostic médical. Un questionnaire ou une liste de pensées ne permet pas de savoir si tu présentes ce phénomène. Pour évaluer plus sérieusement ton niveau, il faut confronter tes estimations à des performances mesurables. Les cinq situations suivantes servent à réfléchir, pas à te diagnostiquer.

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  • Personne d'expérimenté n'a relu ou contesté ton travail depuis plusieurs semaines.
  • Tu ne sais pas citer trois choses que tu ne maîtrises pas encore dans ton domaine.
  • Tes conclusions reposent sur un petit nombre d'observations : quelques trades, quelques projets.
  • Tu sais dire que ta méthode a marché, mais pas pourquoi.
  • Tu augmentes ton risque ou ton rythme après une série de bons résultats, sans nouvelle preuve.

Une de ces situations ne prouve rien. Elle te dit simplement où chercher des preuves. Si tu cherches uniquement les informations qui te donnent raison, regarde aussi le biais de confirmation en trading.

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Comment limiter l'effet Dunning-Kruger : 5 réflexes concrets

Tu ne supprimeras pas le biais, mais tu peux réduire l'écart entre ton impression et tes résultats mesurés.

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  1. Note tes décisions avant le résultat. Écris ton hypothèse, ton risque et ta raison d'entrer. Un journal de trading Excel gratuit suffit pour commencer.
  2. Cherche un regard extérieur qui peut te contredire. Un pair plus expérimenté peut t'apporter davantage qu'un groupe qui te donne toujours raison. Voici comment s'entourer des bonnes personnes.
  3. Ne justifie jamais une hausse de risque par quelques bons résultats. Regarde les performances dans différents contextes, les pertes possibles et les frais, avec les bases de la gestion des risques en trading. Les résultats passés ne garantissent pas les résultats futurs.
  4. Teste ta méthode avant d'exposer du capital. Utilise des données historiques, la simulation et un journal de décisions pour comparer tes prévisions aux résultats. Les performances simulées ne garantissent rien et ne reproduisent pas toutes les contraintes du trading réel, comme l'expliquent les différences psychologiques entre trading démo et réel. Tu n'as pas besoin de risquer de l'argent pour commencer à évaluer ton niveau.
  5. Compare-toi à un niveau supérieur, pas à un débutant. Observe les pratiques des personnes réellement avancées. La différence entre trader amateur et pro montre où se situe l'écart entre les niveaux.

Apprendre et confronter tes connaissances à des retours fiables peut t'aider à mieux repérer tes lacunes. Ce n'est pas toujours agréable, mais cela rend ton évaluation plus précise. Cela nourrit aussi une confiance en trading fondée sur des faits plutôt que sur un coup de chance.

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Si tu dois retenir une seule chose

Ton sentiment de maîtrise n'est pas une preuve de compétence, et la science n'a pas dit son dernier mot sur l'effet Dunning-Kruger. Vérifie ton niveau avec des faits, pas avec ton ressenti. Si tu débutes, repars des bases avec le guide pour démarrer le trading.

Cet article est informatif. Il ne constitue pas un conseil en investissement, et le trading comporte un risque de perte en capital.

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FAQ sur l'effet Dunning-Kruger

Comment appelle-t-on une personne qui se surestime ?

On parle de personne surconfiante, ou de biais de surconfiance. Quand elle donne son avis avec aplomb sur un sujet qu'elle ne maîtrise pas, on parle d'ultracrépidarianisme. L'effet Dunning-Kruger désigne un cas précis : la surestimation de ses compétences chez les personnes les moins performantes dans un domaine.

Quel est le synonyme de l'effet Dunning-Kruger ?

Il n'existe pas de synonyme exact. On parle parfois de surconfiance, mais c'est un phénomène plus large, qui touche aussi les experts. Dunning-Kruger décrit un écart précis entre le niveau réel et le niveau estimé.

Quelle est la différence entre l'effet Dunning-Kruger et le syndrome de l'imposteur ?

L'effet Dunning-Kruger est un écart mesurable entre le niveau réel et le niveau estimé. Le syndrome de l'imposteur est un sentiment de ne pas mériter sa place malgré des preuves de compétence. Ce ne sont pas deux faces symétriques d'un même phénomène.

Peut-on repérer l'effet Dunning-Kruger chez soi ?

Pas avec certitude par simple introspection, puisque le biais concerne justement ta façon d'évaluer ton niveau. Compare ton ressenti à des faits : un journal, des résultats sur assez d'observations, l'avis d'une personne plus avancée.

La courbe de Dunning-Kruger représente-t-elle vraiment les étapes de l'apprentissage ?

Non, pas telle qu'on la voit sur internet. Le graphique de 1999 compare des groupes de personnes à un instant donné. Les quatre phases populaires illustrent un parcours possible, sans être issues de l'étude.