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Loi de Goodhart : définition, exemples et piège des KPI

Publié le
2026-09-17
Auteur
Mohamed Bdj
Sommaire :
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Tu décides de suivre ton taux de réussite en trading. Logique : plus tu gagnes de trades, mieux tu vas. Trois mois plus tard, ton taux affiche 78 % et ton compte a baissé. Tu n'as pas triché. Tu as juste commencé à couper tes gains très tôt pour sécuriser des trades gagnants, et à laisser courir les perdants en espérant qu'ils reviennent.

Personne ne t'a demandé de faire ça. L'indicateur l'a fait tout seul, en devenant l'objectif.

La loi de Goodhart décrit exactement ce basculement : dès qu'un chiffre devient la cible à atteindre, il cesse de mesurer correctement ce qu'il était censé mesurer. Le chiffre s'améliore, la réalité qu'il représentait se dégrade.

En résumé

  • La loi de Goodhart dit qu'un indicateur perd sa fiabilité dès qu'il devient un objectif.
  • Elle a été formulée en 1975 par l'économiste britannique Charles Goodhart, à propos de politique monétaire.
  • Elle fonctionne parce qu'on optimise le chiffre, on privilégie ce qui est facile à compter, on néglige ce qui n'est pas mesuré et on déplace le problème.
  • Elle touche les KPI d'entreprise, les stats de trading, les réseaux sociaux, la productivité personnelle et les algorithmes.
  • La parade n'est pas d'arrêter de mesurer, mais de croiser les indicateurs et de les changer quand ils commencent à être joués.

Loi de Goodhart : définition simple

La loi de Goodhart est un principe selon lequel un indicateur cesse d'être une bonne mesure dès qu'il devient un objectif à atteindre. Les personnes évaluées se mettent alors à optimiser le chiffre lui-même, et non la réalité que ce chiffre était censé refléter.

Charles Goodhart était économiste, conseiller à la Banque d'Angleterre. Il observait que les agrégats monétaires suivis par les banques centrales perdaient leur pouvoir prédictif dès l'instant où ces mêmes banques les prenaient pour cibles.

La phrase que tout le monde cite n'est pas de Goodhart

La formulation célèbre, « quand une mesure devient un objectif, elle cesse d'être une bonne mesure », résume parfaitement l'idée. Mais ce n'est pas la phrase d'origine.

Elle a été popularisée en 1997 par l'anthropologue Marilyn Strathern, qui reformulait Goodhart dans un travail sur l'évaluation des universités britanniques. Goodhart, lui, avait écrit en 1975 quelque chose de bien plus technique : toute régularité statistique observée tend à s'effondrer dès qu'une pression de contrôle s'exerce sur elle.

La paraphrase est fidèle, elle est juste plus lisible. Mais autant savoir qui a écrit quoi : beaucoup d'articles attribuent directement cette phrase à Goodhart, alors qu'elle correspond surtout à la reformulation popularisée par Strathern.

Objectif réel, indicateur, proxy : la différence à comprendre

Trois mots reviennent en permanence sur ce sujet, et les confondre rend la loi incompréhensible.

Terme Ce que c'est Le piège
Objectif réel Ce que tu veux vraiment améliorer. Il est souvent impossible à mesurer directement.
Indicateur Le chiffre que tu suis pour savoir où tu en es. Il ne capture qu'une partie de l'objectif.
Proxy Une mesure indirecte, corrélée à l'objectif. La corrélation tient tant que personne ne la force.
Dérive Goodhart Le moment où tu optimises le chiffre au lieu du résultat. Elle est invisible tant que tu regardes le chiffre.

Tout se joue au passage de la deuxième ligne à la quatrième : le moment où l'indicateur cesse d'être un repère pour devenir une cible à atteindre.

Exemple simple de loi de Goodhart

Une entreprise décide de payer ses commerciaux au nombre de contrats signés. Le nombre de contrats grimpe le trimestre suivant.

Sauf que pour signer vite, les commerciaux ont accordé des remises importantes, accepté des clients peu solvables et survendu le produit. Six mois plus tard, la marge s'est effondrée, les litiges se multiplient et le taux de résiliation explose.

Le nombre de contrats a été optimisé. La santé commerciale de l'entreprise, qui était l'objectif réel, s'est dégradée. C'est la loi de Goodhart en une phrase : le chiffre a monté, la chose qu'il mesurait a baissé.

Pourquoi un indicateur se dégrade dès qu'il devient un objectif

Un indicateur se dégrade quand il devient un objectif parce que tu :

  • optimises le chiffre au lieu du résultat réel ;
  • te rabats sur ce qui est facile à compter ;
  • négliges tout ce qui n'est pas mesuré ;
  • déplaces le problème au lieu de le résoudre.

Tu optimises le chiffre, pas ce qu'il mesure

Un indicateur n'est jamais la réalité, c'est une photo partielle de la réalité. Tant que tu l'observes, la photo reste à peu près ressemblante. Dès que tu es jugé dessus, tu te mets à retoucher la photo.

Le raccourci est rationnel, pas malhonnête. Si le chiffre décide de ta prime, de ta réputation ou de ta confiance en toi, agir sur le chiffre est simplement le chemin le plus court.

Tu te rabats sur ce qui est facile à compter

Une équipe qui doit automatiser 50 % de ses tests automatisera d'abord les tests les plus simples, pas les plus utiles. Un service qui doit réduire le nombre de bugs ouverts commencera par fermer les fiches non reproductibles.

Dans les deux cas l'objectif chiffré est atteint, et dans les deux cas rien n'a été réglé. La facilité de comptage devient le vrai critère de sélection du travail.

Tu négliges tout ce qui n'est pas mesuré

C'est le mécanisme le plus coûteux, et le plus discret. Un indicateur attire toute la lumière, et tout ce qu'il ne couvre pas passe dans l'ombre : la qualité, la marge, le risque pris, l'apprentissage réel, le long terme.

Rien de tout ça n'apparaît dans le tableau de bord. Donc rien de tout ça ne déclenche d'alerte quand ça se dégrade. C'est exactement le piège que décrit l'article sur la loi de Pareto quand on confond l'indicateur avec le levier.

Tu déplaces le problème au lieu de le régler

Réduire la charge d'un serveur en saturant sa mémoire ne réduit pas la consommation d'énergie, ça la déplace. Réduire le temps de traitement d'un dossier en le renvoyant à un autre service ne réduit pas le délai total.

Vu depuis l'indicateur, c'est une amélioration. Vu depuis le système entier, il ne s'est rien passé.

Exemples de loi de Goodhart : 8 indicateurs qui finissent par te piéger

Le principe est toujours le même, seul le décor change.

Indicateur ciblé Comportement induit Ce que ça casse
Taux de réussite en trading Couper les gains très tôt, laisser courir les pertes La performance réelle du compte
Nombre de trades par jour Prendre des positions sans signal valide La qualité des entrées et les frais
Performance mensuelle affichée Augmenter la taille des positions en fin de mois Le niveau de risque réel
Chiffre d'affaires Vendre plus, moins cher, à n'importe qui La marge et la qualité du portefeuille client
Nombre de leads générés Ratisser large pour remplir le tableau Le taux de conversion et le temps commercial
Nombre d'abonnés Publier ce qui plaît à l'algorithme La confiance et la qualité de l'audience
Heures travaillées ou pas quotidiens Remplir le compteur plutôt qu'avancer L'efficacité réelle du temps passé
Nombre d'articles publiés Produire du volume à cadence fixe La valeur du contenu et sa performance

En trading : taux de réussite, nombre de trades et performance mensuelle

Le taux de réussite est l'exemple le plus parlant, parce que le piège est arithmétique. Tu peux gagner 8 trades sur 10 et perdre de l'argent, si tes deux perdants coûtent chacun cinq fois ce que rapporte un gagnant. Le chiffre qui compte n'est pas le pourcentage de trades gagnants, c'est ce que détaille l'article sur le PNL en trading.

Le nombre de trades produit la même dérive, en plus direct. Si tu te fixes un quota d'activité, tu trouveras des signaux là où il n'y en a pas. C'est le mécanisme de fond du surtrading.

La performance mensuelle est la plus dangereuse des trois, parce que la dérive est invisible sur le chiffre suivi. Pour tenir un objectif de rendement en fin de mois, il suffit d'augmenter la taille des positions. Le rendement affiché est atteint, le risque pris pour y arriver n'apparaît nulle part. C'est précisément ce que le risk management sert à rendre visible.

Dans le chiffre d'affaires et les KPI d'équipe

Le chiffre d'affaires est l'indicateur préféré des entrepreneurs débutants parce qu'il est simple, public et valorisant. Il ne dit pourtant rien de la rentabilité, de la trésorerie ni de la solidité du portefeuille client.

Piloter au chiffre d'affaires pousse mécaniquement à vendre plus, quitte à vendre moins bien. C'est le même écart que celui décrit dans l'article sur le mindset entrepreneur entre ce qui se voit et ce qui se mesure vraiment.

Dans les abonnés, les vues et l'engagement

Un compte suivi par des milliers de personnes qui ne lui font pas confiance vaut moins qu'un compte suivi par quelques centaines de personnes qui l'écoutent. Mais le premier chiffre est affiché publiquement et le second ne l'est pas.

Quand l'audience devient l'objectif, la production s'aligne sur ce qui génère de la réaction. Le compteur monte, la valeur de ce qui est publié baisse.

Dans les heures travaillées et les pas quotidiens

Compter ses heures de travail est utile pour prendre conscience d'une organisation. En faire un objectif transforme la journée en remplissage d'agenda.

Le nombre de pas suit la même logique : c'est un bon indicateur d'activité tant qu'il reste une information, et un objectif absurde dès qu'on marche en rond pour finir le compteur avant minuit. L'article sur les micro-objectifs montre comment poser des cibles d'action sans tomber là-dedans.

Dans la création de contenu : publier plus ne fait pas mieux

Se fixer un nombre d'articles ou de vidéos par mois est la dérive Goodhart la plus répandue chez les créateurs. La cadence est facile à mesurer, la valeur ne l'est pas.

Le résultat est prévisible : des contenus produits pour tenir le rythme, qui se ressemblent, se concurrencent entre eux et n'apportent rien de neuf. La production augmente, la performance stagne.

Dans l'IA et les algorithmes de recommandation

Un système entraîné à maximiser une métrique fait exactement ce qu'on lui demande, y compris quand la métrique s'éloigne de l'intention.

Un algorithme optimisé sur le temps passé apprendra à retenir l'utilisateur, pas à lui être utile. Un modèle optimisé sur une note de satisfaction peut apprendre à produire des réponses qui plaisent, plutôt que des réponses réellement justes ou utiles. Le problème n'est pas la machine, c'est le choix de la cible.

Effet cobra : quand l'incitation aggrave le problème

L'illustration classique se passe en Inde, sous l'administration coloniale britannique. Pour réduire le nombre de cobras à Delhi, une prime est versée pour chaque serpent mort rapporté. Des habitants se mettent à en élever pour toucher la prime. Quand l'administration supprime le dispositif, les élevages sont relâchés et la population de cobras a augmenté.

Une précision d'honnêteté : cette anecdote circule partout mais sa véracité historique est discutée, et elle doit se lire comme une parabole plutôt que comme un fait documenté.

Ce qu'elle illustre reste juste, et c'est pour ça qu'elle survit. Le dispositif ne récompensait pas la réduction des cobras, il récompensait la production de cobras morts. Ce sont deux choses différentes, et les gens optimisent toujours celle qui est payée.

Le piège du backtest : quand optimiser l'indicateur casse la stratégie

C'est l'application la plus concrète de la loi de Goodhart pour un trader, et celle dont on parle le moins.

Tu testes une stratégie sur les données passées. Les résultats sont corrects sans plus. Alors tu ajustes : tu décales le stop, tu changes la période de la moyenne mobile, tu ajoutes un filtre horaire, tu exclus deux mois qui faussent tout. À chaque réglage, la courbe de backtest s'améliore.

Au bout de vingt itérations, tu as une stratégie superbe sur l'historique et inutilisable en réel. Tu n'as pas construit une méthode robuste, tu as fabriqué une explication sur mesure du passé.

Mets ça dans le vocabulaire de Goodhart. L'objectif réel est une stratégie qui tient dans le futur. L'indicateur est la performance sur l'historique. À force d'optimiser l'indicateur, tu as détruit sa capacité à prédire l'objectif réel.

La parade est connue : réserver une période de données que tu ne touches jamais pendant l'optimisation, et limiter volontairement le nombre de paramètres. Une stratégie avec trois réglages qui marche correctement vaut mieux qu'une stratégie avec douze réglages qui marche parfaitement sur le passé. Le journal de trading sert ensuite à vérifier si le réel ressemble au test.

Quand la loi de Goodhart te coûte de l'argent

Le sujet a l'air théorique. Il ne l'est pas, et voici par où la facture arrive.

Tu confonds performance affichée et risque réel

Deux comptes affichent 12 % sur l'année. Le premier a pris un risque mesuré à chaque position, le second a doublé ses tailles trois fois pour rattraper un mauvais trimestre. Le chiffre final est identique, la probabilité de survie ne l'est pas du tout.

Tant que tu ne suis qu'un indicateur de performance, ces deux parcours sont indiscernables. C'est ce qui sépare un trader amateur d'un trader pro.

Tu récompenses les mauvais comportements

Un indicateur pris comme objectif est une incitation, que tu l'aies voulu ou non. Si tu te félicites après une journée à 5 trades gagnants, tu récompenses l'activité. Si tu te félicites après une journée où tu as respecté ton plan sans rien prendre, tu récompenses la discipline.

Le premier réflexe est plus satisfaisant sur le moment. Le second est celui qui construit un résultat.

Tu optimises le court terme contre le long terme

Presque tous les indicateurs faciles à mesurer sont des indicateurs de court terme. Le résultat du mois, les ventes du trimestre, les vues de la semaine.

Les choses qui font la différence sur plusieurs années, elles, ne se mesurent pas en un mois : la solidité d'une méthode, la confiance d'une audience, la qualité d'un portefeuille client. Piloter au chiffre disponible revient donc à sacrifier structurellement ce qui n'est pas encore mesurable.

Tu décides proprement à partir d'un mauvais chiffre

Le scénario le plus frustrant est celui où tout le raisonnement est correct. Tu analyses sérieusement, tu compares, tu tranches avec méthode. Mais l'indicateur de départ avait déjà dérivé.

Une décision rigoureuse fondée sur un chiffre corrompu produit une erreur rigoureuse. Et comme la méthode était bonne, tu mettras plus longtemps à comprendre d'où vient le problème.

Comment utiliser un indicateur sans le casser

La réponse n'est jamais d'arrêter de mesurer. Sans chiffres, tu pilotes vite à l'aveugle. Sept règles suffisent à garder tes indicateurs utiles.

  1. Écris l'objectif réel avant de choisir l'indicateur. Si tu ne sais pas formuler ce que tu veux améliorer, aucun chiffre ne t'aidera.
  2. Note ce que l'indicateur ne mesure pas. Cette liste est ta zone d'angle mort, garde-la à côté du tableau de bord.
  3. Cherche comment tu pourrais faire monter le chiffre sans créer de valeur. Si tu trouves en moins d'une minute, l'indicateur est fragile.
  4. Croise toujours au moins deux indicateurs opposés. Taux de réussite et ratio gain/perte. Chiffre d'affaires et marge. Volume publié et performance par contenu.
  5. Ajoute un signal qualitatif. Un retour client, une relecture, une observation de terrain. Ce qui ne se compte pas doit quand même remonter.
  6. Surveille les comportements, pas seulement les résultats. Si tu te surprends à agir pour le chiffre, la dérive a commencé.
  7. Change l'indicateur dès qu'il commence à être joué. Un bon indicateur a une durée de vie limitée, ce n'est pas un échec, c'est son cycle normal.

Un point de repère simple pour trancher au quotidien.

Un indicateur sain Un indicateur devenu objectif Le signe qui ne trompe pas
Aide à comprendre une situation Remplace la situation Tu regardes le chiffre sans regarder le terrain
Est croisé avec d'autres signaux Est utilisé seul Une seule ligne décide de tout
Peut être discuté et remis en cause Devient intouchable Remettre le chiffre en question passe mal
Déclenche une analyse Déclenche une sanction ou une prime Le chiffre a des conséquences automatiques

La colonne de droite est la plus utile au quotidien. Elle se vérifie sans rien mesurer : il suffit d'observer comment les gens se comportent autour du chiffre.

Loi de Goodhart, loi de Campbell, critique de Lucas : les différences

Ces trois idées décrivent la même famille de problèmes et se complètent. Voici ce qui les distingue.

Concept L'idée en une phrase Sa spécificité
Loi de Goodhart Un chiffre cesse d'être fiable quand il devient la cible. Elle parle des indicateurs qu'on optimise, dans n'importe quel domaine.
Loi de Campbell Plus un chiffre sert à juger des gens, plus il est manipulé. Elle insiste sur l'évaluation sociale : école, santé, administration.
Critique de Lucas Les gens changent de comportement quand la règle change. Elle explique pourquoi une relation observée avant une réforme ne tient plus après.

La distinction utile est celle du point de vue. Goodhart regarde l'indicateur, Campbell regarde l'institution qui l'utilise pour juger, Lucas regarde les agents qui s'adaptent. La Revue Pratiques fait le lien entre les trois à propos de la rémunération des médecins sur indicateurs.

Si tu dois retenir une seule chose

Un chiffre ne devient dangereux qu'au moment où tu décides de le faire monter.

Avant de te fixer un objectif chiffré, pose-toi une question : est-ce que je pourrais atteindre ce chiffre sans rien améliorer du tout ? Si la réponse est oui, tu n'as pas besoin d'un meilleur effort, tu as besoin d'un meilleur indicateur. C'est la même logique que celle des articles sur les biais cognitifs, l'excès de confiance et la motivation vs discipline : se méfier de ce qui paraît simple à piloter.

FAQ sur la loi de Goodhart

Qui a formulé la loi de Goodhart ?

Charles Goodhart, économiste britannique et conseiller à la Banque d'Angleterre, en 1975, à propos des agrégats monétaires. La formulation courte que l'on cite aujourd'hui vient de l'anthropologue Marilyn Strathern, qui l'a paraphrasée en 1997.

Quel est un exemple simple de loi de Goodhart ?

Payer des commerciaux au nombre de contrats signés. Le nombre de contrats augmente, mais avec des remises fortes et des clients peu solides. L'indicateur progresse pendant que la rentabilité, qui était l'objectif réel, se dégrade.

Quelle différence entre loi de Goodhart et loi de Campbell ?

Goodhart décrit la dégradation d'un indicateur pris pour cible, dans n'importe quel contexte. Campbell insiste sur les indicateurs utilisés pour évaluer des personnes ou des institutions, où la pression sociale accélère la manipulation du chiffre.

Faut-il arrêter d'utiliser des KPI ?

Non. Sans indicateur, tu pilotes à l'aveugle. Le problème n'est pas de mesurer, c'est de transformer une mesure en objectif unique. Croiser plusieurs indicateurs et les faire évoluer régulièrement suffit à limiter la dérive.

La loi de Goodhart s'applique-t-elle à l'IA ?

Oui, et c'est un sujet de recherche actif. Un système optimisé sur une métrique proxy, comme le temps passé ou une note de satisfaction, apprend à maximiser cette métrique plutôt que l'objectif réel qu'elle était censée représenter.